Tuesday, 20 October 2026

Jour 8 - en route pour Samarcande

On quitte Boukhara à regret. Direction Samarcande par le train à grande vitesse (un Talbot de technologie espagnole cette fois).





Notre train est affiché, c'est bon signe.

Il y a d'autres options comme le Dushambé (capitale du Tadjikistan voisin) - Moscou, ou Volgograd (ex-Stalingrad) - Dushambé



notre train

la gare de Boukhara

B comme... bistro

... ou comme biznes

On est carrément en VIP !

un VIP bien installé

Une heure 40 minutes de trajet entre les deux villles - une fois longé un lac, on s'enfonce dans le désert.

canal d'irrigation

Le désert... et tout au fond, on aperçoit quelques reliefs.

arrêt à la gare de Navoiy

un peu plus de végétation comme on approche de Samarcande

Arrivée à Samarcande :
les passagers pour Tashkent, le terminus du train

la gare de Samarcande, côté quais

Samarcande... (j'y suis !!!) sponsorisé par Pepsi...

le hall de la gare - énorme


Au fond un capsule hôtel pour les passagers fatigués 

la veille, le secrétaire d'Etat américain, Rubio, était en visite officielle à Samarcande avec 200 hommes d'affaires américains.

La gare côté rue

Le trajet gare-hôtel :
un tramway

Le premier supermarché ouzbek que l'on voie. Samarcande, deuxième ville du pays, a un million d'habitants - on le sent.

On avance lentement... idéal pour les photos !

Des immeubles - avec quelques tuiles bleues sous les fenêtres

Elite Building !

Le tourisme médical est une industrie qui a le vent en poupe en Ouzbékistan.

Des constructions

de nombreuses écoles ou instituts privés sur notre chemin (on est vraiment à l'arrêt maintenant...).

Des jeunes étudiants traversent au feu.

Samarcande à l'heure de pointe.

notre salle privée pour le dîner

au menu : shashlik (toutes sortes de viandes grillées)


La suite... plus tard





 

Jour 8 - Boukhara (dernières visites)

 Visite du palais d'été "Sitorai Mohi Khossa" :

En 1911, quand Sayd Alim Khan, éduqué à l’Académie militaire de Pétrograd, monte sur le trône, l’émirat est affaibli, à tous les niveaux, politiquement, économiquement et socialement.. Il est vassal de l’Empire russe qui s’effondrera en 1917, et l’influence des courants réformateurs turcs (les Jeunes Turcs ou Jadid) parvient jusqu’à Boukhara. 

Quand la première guerre mondiale éclate, l’émir doit honorer sa promesse aux Russes d’envoyer des troupes sur le front. Sentant l’hostilité de son peuple à se faire tuer pour une guerre qui n’est pas la leur, l’émir finance l’achat d’un navire de guerre, le nomme « Emir de Boukhara » et l’envoie à Nicolas II qui l’accepte. En 1917, l’Empire russe s’effondre, le Tsar est exécuté puis l’Empire ottoman disparaît à son tour. L’émir perd tous ses soutiens. En août 1920, les Bolchéviques bombardent Boukhara. L’émir décide alors de fuir pour ce qui deviendra le Tadjikistan, puis il traverse l’Amou Daria et se réfugie jusqu’à sa mort en Afghanistan, emmenant avec lui trois de ses quatre femmes (la quatrième, la plus jeune ayant refusé de le suivre sera exécutée), huit de ses 11 enfants et une partie de son or. Ustad Shuran Miradov, architecte du palais d’été lui aussi décide de rester à Boukhara, et malgré une tentative d’élimination qui le conduit à l’hôpital pour plus d’un an, il survit.

Le palais Sitorai Mohi Khossa est la résidence d’été de l’Emir, un des rares édifices construits pendant la dynastie des Manghit . L’emplacement a été choisi en plaçant un morceau de viande aux quatre coins de la ville, et seul à cet endroit (nord), la viande est restée fraîche.

L’architecte du palais a réalisé un certain nombre des travaux lui-même. Orphelin à l’âge de trois ans, Miradov a été élevé par son oncle, qui lui a appris le métier de constructeur. Doué, il s’est attiré la jalousie d’autres architectes, qui réussirent à l’envoyer en prison sous une fausse accusation. Il réalisa ce palais d’été en 1911-16 en mélangeant habilement les styles ouzbek et russe.  Comme dans la forteresse, les serviteurs et la famille de l’émir vivent dans des bâtiments séparés. 


groupe de touristes tatares

la salle de réception

le salon avec une statue grandeur nature du dernier émir

détail des peintures des murs


un calendrier (19ème)

Les pièces sont équipées de cheminées hollandaises dont le foyer est partagé par deux pièces. 

plafond de la salle à manger



La salle à manger est équipée d’un réfrigérateur, offert par les Russes. 


portrait du dernier émir Muhammad Alim Khan, à gauche de son père




La chaixona, le salon de thé, avec ses grandes fenêtres doublées de style russe a été la première pièce de Boukhara à être équipée de l’électricité.

topcha – des niches encastrées où était rangée la vaisselle.



Le bâtiment octogonal, avec ses huit pièces, réservée aux femmes, aurait été créé pour la sœur de Nicolas II pour laquelle l’émir, paraît-il, avait un penchant. Elle n’y est jamais venue. Il contient une collection de manteaux (les femmes devaient porter un manteau si elles sortaient dans la première cour, deux dans la deuxième, trois dans la troisième, et un voile intégral si elles s’aventuraient dehors, accompagnées d’un homme de leur famille). En 1927, les femmes se révoltèrent (les changements sociaux annoncés par les Bolchéviques ne venant pas) et brûlèrent leur voile… en représailles la plupart furent battues à mort. Il faudra attendre la seconde guerre mondiale pour que les femmes remplacent les hommes dans les usines et les années 50-60 pour qu’elles occupent des postes à responsabilité. Les pièces exposent aussi des manteaux de l’émir, chacun pesant de 15 à 20 kilos, et que l’Emir ne portait que quelques heures, le temps de recevoir des dignitaires étrangers. 












les visiteurs tatares à nouveau




Le troisième bâtiment montre une pièce traditionnelle et surtout une collection exceptionnelle de suzanis, des tissus de soie ou coton, brodées traditionnellement. (Suzan signifie aiguille en persan). De nombreux motifs floraux et d’arbres ornent ces ouvrages, symbolisant la vie, ou pour la grenade (le fruit), la fertilité. Les suzanis utilisent deux techniques de broderie : la couture au point lancé et le crochet. Les mères commençaient à tisser des tapis qu’elles transmettaient non fini à leur fille à leur mariage. Le coffre comprenait le trousseau de la jeune fille, essentiellement de la vaisselle en cuivre.

berceau traditionnel

au premier plan, sous la couverture, on laissait se consumer une branche de plante du désert.

un suzani






la mère à gauche brode au point lancé, et sa fille à droite utilise un crochet




Mausolée Naqshbandi
Bahauddin Naqshband est un des maîtres soufis les plus célèbres. Le soufisme, courant mystique de l’Islam, est apparu à un moment où les érudits craignaient une déformation des enseignements de l’Islam au fil du temps, et voulaient montrer l’Islam de façon simple et claire. Le mot « soufi » lui-même a plusieurs significations : laine (les soufis portaient un manteau de laine simple), pureté, banc et rang (prière en rang). Hassan Yassaniyah a été le premier à créer un ordre soufi.
Bahauddin Naqshband s’appelait Mohammad, Bahauddin est un surnom (lumière de l’Islam). Il vécut de 1318 à 1389. 







la tombe de Bahauddin Naqshband. Au-dessus de sa tombe : une grenade, symbole de fertilité (grâce à son héritage), un tissu blanc (pureté) et une queue de cheval pour rappeler son rang (une queue de yak était décernée aux généraux mongols). Le mausolée a été construit deux siècles après son décès et de nombreux Musulmans le visitent, venant du monde entier.




Deux mosquées ont été rajoutées au 19ème siècle : une pour les hommes et une pour les femmes, fait rare – les femmes priant chez elles en Asie centrale (pas d’espace réservé) – il n’en existe que deux à Boukhara. De part et d’autre du mihrab de la mosquée des femmes, deux portes mènent à des pièces où les femmes, surtout avant le mariage, s’isolaient pour prier ou méditer pendant 40 jours (souvent moins, et juste la journée).
la mosquée des femmes


La mosquée principale de 16ème siècle comprend un double dôme (ventilation d’air frais) en forme de fleur de lotus, symbole de pureté dans un monde en décomposition, comme Naqshband prêchant au temps des invasions mongoles alors que beaucoup perdaient l’espoir.


A côté de la mosquée s’étend un vaste cimetière qui contient les tombes des souverains des quatre dynasties ayant régné à Boukhara 

En 2002-03, l’Etat ouzbek a entrepris des travaux majeurs de rénovation, les ouvriers ayant refusé d’être payé, tant l’honneur de travailler sur un tel site étant grand.

ramssage du coton

des femmes sur le bord de la route