Saturday, 7 February 2026

Les cryptes d'Orléans

Visite guidée passionnante des cryptes d'Orléans - cadeau d'anniversaire de Maman... dont on profite toutes les trois !

La cathédrale Ste Croix - une première église fut érigée au IVème siècle. D'autres églises ont été construites puis détruites - en particulier pendant la Guerre de Cent Ans. Lors des guerres de religions, les Protestants ont fait exploser la cathédrale (et détruit toutes les églises d'Orléans). Henri IV, roi catholique (et ex-protestant...), ordonna la reconstruction d'une nouvelle cathédrale. La porte nord fut construite lors du règne de Louis XIV... qui y fit apposer son soleil et sa devise ("à nul autre pareil"...), et la cathédrale fut inaugurée en 1829, à temps pour le 400ème anniversaire de la libération d'Orléans par Jeanne d'Arc.

Un vitrail (côté nord) commémorant Jeanne d'Arc


La rue Royale vue du parvis de la cathédrale (et les drapeaux ukrainiens)

La façade du début du XIXème - la cathédrale n'a pas de crypte... le terrain calcaire ayant tendance à s'effondrer...

La porte nord... avec au milieu de la rosace le soleil et la devise du Roi-Soleil. En dessous - au pied de la cathédrale, les vestiges des murs du temps de la guerre de Cent-Ans. La ville était particulièrement bien fortifiée car elle dominait le commerce sur la Loire, une des artères commerciales les plus importantes d'Europe à l'époque. Après la guerre de Cent-Ans, la muraille fut en grande partie démolie, les faubourgs furent intégrés à la ville puis de nouvelles murailles furent construites là où se trouvent désormais les boulevards ("les mails").

L'hôtel Dupanloup - du nom de l'évêque d'Orléans, élu à l'Académie française en 1854, et un des 75 sénateurs inamovibles de la IIIème République - Mgr Dupanloup est célèbre pour avoir oeuvré à la canonisation de Jeanne d'Arc (condamnée par l'Eglise et brûlée vive... - donc la cause n'était pas évidente à défendre). L'hôtel Dupanloup a servi de bibliothèque municipale et j'ai dû y aller un jour pendant mes études. Tout le quartier derrière la cathédrale était habité par des religieux. Devant l'hôtel Dupanloup, se trouve l'ancien séminaire (actuelle école Jeanne d'Arc) que Mgr Dupanloup fit agrandir. Lors des travaux d'agrandissement, la chute de deux ouvriers dans une cavité permit de redécouvrir la crypte St Avit.

La Crypte St Avit date du IXème siècle. Les cryptes avaient pour fonction de garder les reliques de saints. Les fidèles, puis plus tard les pélerins, se recueillaient devant le martyrium, priant pour une intercession - moyennant l'obole (activité très lucrative...). La crypte a abrité les reliques de St Avit, saint à qui on attribue des miracles et à qui furent donnés les terrains autour du Loiret afin qu'il les défriche et les assainisse. Les os de St Avit, sauf un bras, furent éparpillés par les Protestants, lors des guerres de religions. Seul un de ses bras - à l'issue d'un long périple après la Révolution - se trouve dans un couvent de Seine-Maritime.

Remarquez les chapiteaux, très simples

à droite, le martyrium

L'espace de prière et de réunion de la crypte

Après la crypte St Avit, nous descendons la rue du Bourdon Blanc vers la Loire. De chaque côté du séminaire, se trouvaient la rue Serpente, rappelant le serpent tentant Eve, et la rue du Bourdon Blanc, le pommeau de la crosse d'évêque. La rue du Bourdon Blanc n'est pas droite - un décrochage indique l'emplacement des anciennes murailles. La rue était une des rue commerçantes les plus importantes de la ville : les maisons des marchands avaient donc toutes de larges portes cochères et des espaces pour entreposer les marchandises (transportées sur la Loire) dans leurs cours intérieures.





Ce qui reste de l'église St Aignan (la moitié... la nef à droite a été détruite pendant les guerres de religions), deuxième église la plus importante d'Orléans. Aignan était évêque d'Orléans au Vème siècle et résista à Attila. Il aurait arrêté les Huns en leur jetant du sable de la Loire , et les grains se transformèrent en guêpes (la guêpe reste un des symboles de la ville). Dans une autre version, Aignan aurait dépensé une grosse partie de sa fortune à faire venir Aesius, un général romain, et ses troupes, qui arrivèrent à temps pour éviter la prise de la ville par Attila. Aignan est un des saints patrons d'Orléans, avec Jeanne d'Arc. Sous l'église, se trouve la crypte St Aignan d'une superficie quasi égale.

Le martyrium

Détail d'un chapiteau de 1029, avec ses pigments millénaires

Autre chapiteau découvert dans les piliers qui supportent l'église actuelle. Les chapiteaux datent de siècles différents et les évêques successifs auraient fait changer quelques chapiteaux au fil du temps, lors de leur prise de fonction.

Le martyrium devant lequel processionnaient les fidèles, en payant l'obole.

Certains archéologues pensent que la crypte serait en fait l'église du XIème siècle et non la crypte, et la découverte des chapiteaux cachés dans les piliers de soutènement semblerait leur donner raison.



Des stèles en latin

Un des bas-côtés de la crypte


La place St Aignan - on devine l'ancien cloître qui constitue la place actuelle. A droite, l'ancien monastère.

Le chevet de l'église St Aignan - en contrebas à gauche, la Loire, très haute.


Les anciennes maisons des travailleurs employés par les moines. Dans le quartier St Aignan, situé sur une petite colline, étaient cultivées de nombreuses vignes.


L'ancien hôtel royal où descendaient les Rois de France, en particulier Louis XI, quand ils venaient à Orléans - de l'autre côté du cloître.

Une maison art nouveau sur les quais de Loire


Tuesday, 30 December 2025

Berat (2)

 Second jour à Berat - on remonte à la citadelle voir le musée iconographique Onufri (fermé hier lundi) et faire une promenade au dessus de la ville.

L'église Ste Marie de l'Assomption - reconstruite au XVIIIème siècle - est magnifique (photos interdites - l'iconostase est particulièrement beau) et abrite dans une des nefs une riche collection d'icônes dont du célèbre Onufri.

colonne commémorative des temps communistes à la Résistance contre les Italiens en 1943-44, point de départ de notre promenade d'environ 11-12 kilomètres à l'est de Berat

vue vers les monts Tomorri, à l'est de Berat, qui culminent à 2 416 mètres

des oliviers à perte de vue

un bunker de l'ère communiste

vue vers la citadelle de Berat : on aperçoit le minaret de la Mosquée rouge

un gazoduc passe par là.

vue sur la citadelle - le quartier Mangalem est à gauche de la photo (sur les flancs de la colline, au pied de la citadelle) et la ville nouvelle s'étale de part et d'autre des rives de l'Ossum, en contrebas.

une église inachevée

la nouvelle ville de Berat - en arrière-plan la citadelle

un immense cimetière à l'est de la ville

des immeubles en briques - l'Albanie est pauvre.




affiche pour des cours privés

des boutiques - notez les "byrek", délicieux feuilletés aux épinards ou au fromage

l'ail au-dessus du rideau de fer de cette quincaillerie

le Bulevard Republika - voie piétonne en plein centre - avec vue sur la citadelle et Mangalem au fond

une statue de mère Thérésa

la cathédrale orthodoxe St Dimitri (ou Demetrios) date de 2009. A cet emplacement se trouvait une église St Dimitri, construite en 1851, après le tremblement de terre qui avait dévasté Berat.

l'iconostase

De l'autre côté de la place se trouve la Mosquée de Plomb qui doit son nom aux coupoles en plomb sur son toit. 

La mosquée date du début du XVIème (1530 précise un panneau) et faisait partie d'un complexe, aujourd'hui disparu, qui comprenait des bains, une madrasa, un bazar, une fontaine publique et une cantine.

la fontaine

l'intérieur - qui a été rénové


fresque sur la rue de la République : "une femme armée d'un livre et d'un stylo a le pouvoir de faire bouger les nations. Une femme armée d'un esprit et d'une voix a le pouvoir de changer le monde."

vendeur ambulant

la rue de la République et Mangalem au fond

Trois générations - trois styles vestimentaires

on ne se lasse pas de regarder Mangalem

la mosquée des Célibataires la nuit

vue sur Mangalem

le pont piéton "Ura e Varur" sur l'Ossum et Mangalem en arrière-plan 


pour notre dernier soir en Albanie, on dîne côté Gorica


à vendre !

le pont Gorica - Un voyageur ottoman (Evliya Çelebi) du XVIIème siècle mentionne un pont en bois. Celui-ci aurait été emporté par une des inondations à la fin du XIXème siècle. Le pont actuel date du début du XXème.

Retour le lendemain (31 décembre) à l'aéroport international de Tirana, Néné Thérésa.