Visite guidée d'Orléans sur le thème du commerce fluvial et du port.
Orléans, située sur le coude le plus au nord de la Loire, a été dès l’antiquité un « emporium », un comptoir commercial sur le fleuve, connu sous le nom de « Cenabum ». Véritable plaque tournante commerciale, y transitaient des vins de Méditerranée, de l’huile d’olive, remontant par la vallée du Rhône puis la Loire, et également des papyrus d’Egypte. Du nord, était importé l’étain, venant d’Angleterre via la Seine. Les Romains, avant la conquête de la Gaule, importaient déjà le blé de Beauce via le port de Cenabum. Ce serait d’ailleurs un incident majeur entre les Carnutes, les habitants de la région, et une légion romaine basée à Cenabum aboutissant au massacre de Romains dont l’intendant des céréales nommé par Jules César, en 52 avant notre ère, qui aurait déclenché la Guerre des Gaules et l’annexion de la Gaule par les Romains.
L’importance de la Loire vient non seulement de sa situation centrale, mais aussi de la longueur du fleuve, navigable sur 800 km jusqu’à Roanne et Saint Étienne, et ses liaisons terrestres minimales avec Paris vers le nord et la Seine, et la vallée du Rhône au sud. Il était 30 fois moins cher de naviguer sur la Loire, moins dangereux (pas de bandit de grand chemine) et plus rapide (à titre de comparaison, il fallait quatre jours pour faire Orléans-Pairs par la route), et les bateaux pouvaient transporter 25 tonnes d’un coup. Aux 16ème et 17ème siècles, Orléans devint ainsi le premier port fluvial européen.
En plus du transport de marchandises, s’est développé un transport de passagers, ce qu’attestent différents récits. Le roi Gontran, petit-fils de Clovis, a débarqué à Orléans par la Loire en 562. Louis XII est passé par la Loire et Orléans en allant à son château de Blois.
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| Le canal d'Orléans, creusé au 17ème siècle, rejoignait le canal de Briare à Montargis et s'arrêtait à Combleux. La portion du canal de Combleux à Orléans (photo) a été creusée en 1921 et a surtout servi aux vinaigreries Dessaux jusqu’en 1954. En 1394, Orléans possède déjà une confrérie des vinaigriers. Fabriqué au départ avec des vins de Bourgogne devenus aigres après leur transport sur la Loire, c’est avec du vin blanc local de qualité que les vinaigreries d’Orléans ont acquis leur renommée. A une époque, 80% des vinaigres consommés en France étaient produits à Orléans. En 1789, la ville compte entre 200 et 300 vinaigriers. En 1580, naît la confrérie des moutardiers. C’est grâce à une technique pour fabriquer du vinaigre à partir de betteraves, cultivées abondamment dans la région à partir du 19ème siècle que les vinaigreries Dessaux peuvent maintenir des coûts faibles et perdurer jusqu’en 1984. |
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| Hôtel de la Motte-Sanguin : en plus du vinaigre, et du sucre, dont le développement est lié à la Loire, l’industrie des Indiennes (cotons imprimés) a prospéré à Orléans. L’hôtel de la Motte-Sanguin, qui date de la fin du 18ème siècle, situé sur les quais, était une ancienne filature de coton qui venait des Amériques par la Loire. La manufacture appartenait à Philippe d’Orléans, et fut revendu à un lord anglais pendant la Révolution. Les Indiennes étaient tissées puis imprimées avec des plaques de cuivre, puis peintes à la main. Pendant le règne de Louis XV, l’importation du fil de coton a été interdite ce qui a développé un commerce de contrebande. |












































































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