Saturday, 13 June 2026

Orléans - vestiges de guerre

Nouvelle visite guidée thématique d'Orléans, cette fois sur l'époque de la seconde guerre mondiale, par le même guide (voir blogs précédents) toujours aussi passionnant. Les Archives d'Orléans (une des plus détruites de France) documentent cette période sur leur site. Le guide commence la visite par évoquer le plan de défense passive (pour la protection des civils) dans les années 30, le camp d'internement au nord d'Orléans pour les étrangers allemands dès 1939, auxquels se joignirent les prisonniers de droit commun évacués des prisons parisiennes, puis l'évacuation du camp, et l'exode des populations civiles en mai et juin 1940.

C'est un bombardement préparant l'attaque allemande lors de la nuit du 15-16 juin 1940 qui détruisit les vieux quartiers médiévaux à l'ouest de la Rue Royale et la Rue Bannier - ils ne seront reconstruits qu'après la Libération. Les pompiers avaient rejoint l'armée française pour construire des défenses sur la rive sud de la Loire... les bombardements firent une centaine de morts et causèrent un incendie qui dura 15 jours et changea le tissus urbain d'Orléans. 15 000 personnes perdirent leur logement et furent relogées dans des camps de barraques. La ville fut prise par les Allemands le lendemain par l'est (et non le nord où les attendaient trois troupes françaises) et très vite les Allemands franchirent la Loire sur le pont de chemin de fer (pont de Vierzon).

la place de Gaulle - construite après la guerre. Seuls deux murs ne furent pas détruits : l'arrière de la Maison de Jeanne d'Arc et de la maison Colas des Francs. Les tonnes de décombre du quartier servirent à constuire le quai Cypierre (sur la Loire) et les bassins de l'Île Charlemagne. La maison de Jeanne d'Arc fut reconstruite dans les années 50 avec des décombres de la Renaissance du quartier des Carmes (détruits en partie par des bombardements américains de 1944).

La portion en premier plan de la Rue Jeanne d'Arc a été construite après guerre. La rue s'arrêtait à la Rue Royale.

Seule la façade de la Chancellerie resta intacte. Tout le reste du bâtiment fut détruit.

exemple de reconstruction des années 50

Jardin intérieur de l'Ilôt 4 - expérimentation des premiers préfabriqués : les usines d'armement sont reconverties après guerre en usine de préfabriqués. Le blocs "fenêtre" étaient posés puis des blocs "brique"... comme du Lego.

Les fenêtres rondes éclairent les cages d'escalier. Les fenêtres à trois battants sont les séjours et celles à deux, les chambres.

Ancienne école de l'îlot 4, qui comprenait également des boutiques au rez-de-chaussée. En arrière-plan, les fenêtres avec six trous en dessous sont les cuisines (les trous éventaient des placards qui servaient de frigo), les fenêtres les plus étroites sont les salles de bain et les toilettes. Cet îlot a des façades plus blanches que dans d'autres îlots pour respecter la couleur des pierres de taille de la Rue Bannier adjaçante.

Une grande partie de l'ouest d'Orléans intra mail a été reconstruit dans ce style de préfabriqué des années 50, tant le besoin de logement était pressant.

sculptures de Paul Belmondo de part et d'autre de la Rue Bannier : jeune femme semant des graines et jeune homme portant la colombe de la paix, symbolisant la reconstruction du pays.

Colonne surmontée d'un petit ange au flambeau, symbolisant la libération. La jeune femme au milieu symbolise Orléans, entourée des allégories de la Paix et la Liberté.

Rue de la République - au fond un bâtiment année 50 : l'ancienne Kommandantur allemande, dynamitée en 1944. Les autres bâtiments n'ont pas été endommagés par la guerre.


rue des Anglaises, bâtiment municipal démoli puis reconstruit après guerre ; le bâtiment précédent avait servi de Kommandantur.

rue Alsace-Lorraine, l'ancien bâtiment administratif de la gestapo - il n'a pas été détruit car il n'a pas servi de prison et est resté propriété privée.

Boulevard Alexandre Martin, sur le mail (anciens murailles de la ville) le monument à la victoire de 1918. Il se dressait sur la place devant la gare d'Orléans, et a été démonté par les Allemands lors de la prise de la ville en 1940, puis remonté après ici après la guerre.

Boulevard Alexandre Martin : au fond, l'immeuble entre deux hôtels particuliers a été démoli après la guerre : c'était le siège de la gestapo à Orléans.

Dans le parc Pasteur (ancien cimetière jusqu'à Napoléon III - transformé en parc en 1920), un monument en hommage à Jean Zay, homme politique français, ministre de l'Instruction et des Beaux-Arts sous le Front Populaire, et assassiné par la milice française.

des citations de la correspondance de Jean Zay avec sa famille lors de son incarcération entre 1940 et 1944.


monument aux déportés dans le parc Pasteur


La visite se finit par l'évocation des maquis (en particulier celui de Lorris) et réseaux résistants, ainsi que les trois camps de concentration du Loiret à Jargeau, Pithiviers et Beaune-La-Rolande (Pithiviers fut le seul camp hors Paris avec une liaison ferrovière directe à Auschwitz), et la libération d'Orléans (y compris les bombardements américains de 1944 (600 morts aux Aubrais).

Souvenir d'une autre guerre : l'Union Fédérale des Mutilés du Loiret de 1914-1918 (rue Théophile Chollet)

l'hôtel Groslot

plaques commémoratives sur la façade de l'école primaire rue Jeanne d'Arc

Et pour les nostalgiques : Orléans en 1971 

No comments:

Post a Comment