La première trace d’une forteresse remonte au 5ème siècle avant notre ère. La forteresse actuelle a été la résidence de l’émir de Boukhara, sa famille et environ 1000 soldats jusqu’en 1920. Notez : on dit émir, et non khan, car le mot « khan » implique un lien consanguin avec les Mongols, ce qui n’a plus été le cas pour les souverains à partir de la moitié du 18ème siècle. En 1920, la forteresse (ainsi que la ville) a été bombardée par les Bolchéviques et sévèrement endommagée. 15% a été épargné et rénové dans les années 1970-80. La muraille d’enceinte était en boue sèche, mais a été reconstruite en brique. Des deux portes d’accès, seule la porte ouest a été restaurée. La forteresse se situe sur le Registan, littéralement la place de sable (mot persan) où se tenait lieu les annonces et les exécutions. La forme des murailles et les rondins de bois assuraient leur solidité en particulier contre l’érosion par la pluie. Les rondins en particulier absorbent l’eau et l’humidité, garantissant un séchage rapide de la boue.

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| Des musiciens prenaient place sur la terrasse (blanche) et jouaient une musique de circonstance (festive, alarme, etc.) pour prévenir la population des événements en cours. Les épouses et les concubines de l’émir pouvaient regarder ce qu’il se passait en ville à travers les panjareh (fenêtres ajourées). |
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| ancien château d'eau soviétique, transformé en bar, puis abandonné, puis à nouveau transformé en restaurant |
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| le passage d'accès est incurvé et penché, pour laisser les eaux de pluie s'écouler et ralentir la pénétration d'ennemis en cas d'attaque. Des cellules contenaient jusqu'à 15-20 prisonniers de part et d'autre du passage, pour que tout visiteur puisse les voir et respecter les ordres de l'émir. |
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| plan de la forteresse - seules les parties marquées en foncé on été rénovées |
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| Mosquée à l'intérieur de la forteresse |
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| comme partout à Boukhara, des artisans |
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| le mihrab, remarquablement décoré de plusieurs types de calligraphie arabe (coufique, nastalique et thuluth) |
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| poutres du plafond de la mosquée |
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| exposition de calligraphie et Corans dans la mosquée (ici, calligraphie en style Moussana, Tu'gro des sourates "Nasr" et "Ikhlas" - 1892) |
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| Coran du 13ème siècle - style Tawqi |
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| Coran miniature pour le voyage (18ème ou 19ème siècle) |
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| accès au hall du couronnement |
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| entrée du hall du couronnement - le mur blanc servait de repère aux sujets ou dignitaires étrangers qui reculaient pour saluer l'émir qu'ils avaient atteint la sortie. Le mur servait aussi à protéger l'émir d'éventuelles attaques par des archers ennemis. |
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| hall du couronnement. Trois dynasties d'un siècle à un siècle et demi chacune se sont succédées, sans révoltes de l'une à l'autre. La première s'est éteinte faute de descendant mâle, la deuxième a dû revenir en Iran s'occuper de troubles, laissant Boukhara sans souverain, et la troisième a pris fin avec les Bolchéviques. Le dernier émir a pu fuir et est mort en exil en Afghanistan où se trouve toujours sa tombe. |
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| La porte du Trésor. Les lions ont été rapportés par le dernier émir lors de ses études à St Pétersbourg. |
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| Les étables pour les 15 à 20 chevaux de l'émir. Les chevaux des soldats étaient logés côté est. |
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| La plateforme pour les musiciens |
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| Assis sous le dôme en or (à gauche), l'émir pouvait regarder et surveiller ses sujets.. |
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| détail d'une porte |
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| carte du Khwarazm (en rose) et de l'Etat du Sheibanid (émirat de Boukhara et Samarcande) (en orange) |
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| livre de géographie en persan et russe (début 20ème siècle) |
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| nettoyage de la vitrine du samovar |
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| boîte à ouverture secrète (les artisans les fabriquent encore). |
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| couvre-chef de l'émir |
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| un autre samovar |
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| billets de l'émirat de Boukhara - 1919-20 |
Mosquée de Bolohawz : "bolo hawz" veut dire "au dessus du bassin (étang). La mosquée date du 18ème siècle, et son porche est soutenu par 20 colonnes. La mosquée est souvent appelée "la mosquée des 40 colonnes" car les jours où l'eau du bassin est claire, les 20 colonnes se reflètent dedans. Les colonnes sont en chêne de la vallée de Fergana, à l'est du pays, qui ont été trempés pendant 15 ans.
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| La mosquée est surnommée la "mosquée hôtel" car les pièces dans le porche servait d'auberge gratuite pour les derviches voyageurs. La mosquée fut fermée par les Bolchéviques en 1920 et transformée en musée. Elle a repris ses fonctions religieuses dans les années 80s. |
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| Poils de châmeau entre la base sculptée de la colonne et son fût, pour protéger le bois des termites. |
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| chambre de derviche - les derviches recevaient aussi des repas gratuits de la population. |
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| détail de la porte d'entrée |
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| plafond du porche |
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| intérieur de la mosquée récemment rénové |
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| le bassin |
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| un boucher et une cliente |
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| le mausolée d'Ayub (prophète Job) (il serait enterré à Oman) construit en remerciement pour avoir sauvé la population de Boukhara de la sécheresse. Il a été transformé en musée des systèmes d’approvisionnement en eau. Le bâtiment date du 16ème siècle. Deux statues de cicognes surmontent l'édifice pour rendre hommage aux oiseaux, qui ont disparu après l'assainissement des canaux de la ville (elles se nourrissaient des vers trouvés dans la boue). |
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| musée (moderne) consacré au travail de l'imam Al-Boukhari, né à Boukhara, et un des érudits musulmans les plus célèbres dans la compilation des hadiths. |
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| Photo de 1930 montrant les machkobs, les porteurs d'eau, près d'un des bassins de Boukhara |
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| panneau dans le musée expliquant l'importance de la gestion de l'eau |
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| un des canaux d'eau de Boukhara |
Mausolée d'Ismail Samani (9ème-10ème siècles) : troisième monument de la ville à avoir survécu à l'invasion destructrice de Genghis Khan au 13ème siècle, le mausolée a été commandé par le souverain Ismail Samani au 9ème siècle. Il mit au défi ses architectes de construire un mausolée pour son père qui soit beau, en utilisant que des briques. Ismail Samani avait réussi à braver les Arabes, les souverains de l'époque, et rendre de facto Boukhara indépendante, en refusant de payer l'impôt à Bagdad et en émettant sa propre monnaie, puis en gagnant une bataille décisive en 899. Le mausolée fut construit entre 894 et 943, car il requit un nombre important de briques (deux mètres d'épaisseur de murs). Parmi les 17 différents motifs, on trouve des symboles des religions principales de Boukhara (zoroastrisme, hindouisme, christianisme nestorien...), montrant la tolérance religieuse de la ville. L'édifice rappelle la forme d'une stoupa, rappelant les origines des Samanides, surmonté d'un dôme symbolisant l'Islam, avec à ses quatre coins des tourelles évoquant les quatre premiers caliphes.
Le mausolée a survécu les Mongols car il est en dehors des murs de la ville, il n'a aucune importance militaire (c'est un tombeau) et il était probablement recouvert de sable. Les archéologues russes le rédécouvrirent grâce à l'étude de vieux textes, et des fouilles. Les soviétiques ont transformé le site en parc Kirov, renommé Samand, depuis l'indépendance.
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